Chapitre 18 : Le temps perdu ne se rattrape plus ?

Auteur : SteF
Date de parution : Juillet 2007

Thomas Anderson, jeune informaticien, écologiste convaincu, laissait sa voiture dans son garage à chaque fois qu’il le pouvait. Aussi, pour se rendre tout les jours à son travail, il préférait prendre le tramway. Quand le véhicule en question s’arrêta devant lui, il y monta et chercha une place assise. Le véhicule était loin d’être bondé, et il trouva une place de premier choix, a savoir en face d’une jolie brune au décolleté plus que plongeant. Sans quitter des yeux le spectacle qui lui était donné de contempler, il posa sa sacoche à côté de lui, le siège étant inoccupé. Enfin, c’était ce qu’il croyait. En effet, un homme se tenait à ses côtés. Tellement obsédé par la poitrine de la jeune femme, Thomas n’avait pas fait attention à l’homme qui semblait un peu hébété, regardant partout autour de lui, semblant se demander ce qu‘il faisait là.

James ne comprenait pas. Ça n’avait pas marché? Qu’est-ce qu’il faisait là? Grâce au cristal M'Krann, il avait voulu assister à sa naissance. Mais il se retrouvait dans un stupide tramway. Et à sa connaissance, sa mère n’avait pas accouché dans un tramway… James regarda le cristal qu’il tenait dans la main.

«Pourquoi m’as-tu envoyé là?
-Pardon?» demanda l’homme qui, quelques secondes plus tôt, posait sa sacoche sur Jim.

James allait répondre à l’homme, quand quelque chose attira son attention. Certains passagers semblaient particulièrement agités. Puis un homme se mit à crier que le tramway prenait beaucoup trop de vitesse. James regarda par la fenêtre et constata que l’homme disait vrai. Très vite, ce fut la panique.
Jim se leva d’un bond et se dirigea vers la cabine de pilotage. Il ouvrit la porte et demanda au chauffeur de ralentir.

«Je ne demande pas mieux, répondit l’homme, mais j’ai perdu le control.»

Sans insister, comprenant ce qu’il se passait, James se dépêcha de refermer la porte et d’aller s’assoire sur le siège le plus proche de la porte. A peine avait-il prit place qu’il vit, au dehors, un individu portant un costume qui lui était plus que familier. En volant, Steelman se plaça au niveau du conducteur. Étant près de la porte, et malgré le raffut qui régnait dans le tramway, Jim pouvait entendre ce qui se disait dans la cabine.

"Que ce passe-t-il, monsieur? demanda Steelman au conducteur.
-Je ne comprend pas! Les freins ont lâchés subitement et on prend de plus en plus de vitesse.
-Ne vous inquiétez pas! Je vais sortir les passagers en vitesse, puis je reviendrais vous chercher.
-Mais il faut arrêter le tramway! Il risque de rentrer en collision avec un autre véhicule! Et vous n'aurez pas le temps de sortir tout le monde avant!"

«J’ai déjà vu ça quelque part!» pensa James.

Toujours en volant, Steelman dépassa le véhicule.
A l’instar des autres passagers, Jim se précipita à la fenêtre. Il vit alors son alter ego se placer sur les rails, face au tramway qui prenait encore de la vitesse. Le héros tendit les bras en avant, se courba, et attendit le choc. Moins de trois secondes plus tard, ses mains entrèrent en contact avec l'avant du tramway. Sous l'effet de la vitesse, il se fit entraîner. Il ralentissait sensiblement le véhicule, mais pas assez pour l'arrêter. Les planches des rails se brisaient sous ses pieds. Steelman agrippa l'avant du tramway par dessous avec ses deux mains, et tenta de s'envoler. Mais la vitesse était trop importante. Ajoutez à ça le poids de ce genre de véhicule, et la difficulté se transforme en impossibilité. Les bâtiments défilaient à une allure vertigineuse. Mais le héros refusait de capituler. Il retenta l'expérience. Et cette fois-ci, ses pieds quittèrent le sol, imité bientôt par le tramway lui-même.
James et les voyageurs, qui se cramponnaient tous à leurs sièges, se voyaient maintenant offrir une balade dans les airs. Au bout de quelques minutes, Steelman déposa ce qui aurait pu être un cercueil ambulant en plein milieu de Central Park.

Contrairement aux autres voyageurs qui se précipitaient vers son double, Jim préféra rester observer la scène de l’intérieur du tramway. D’où il était, il pouvait voir «son lui» mal à l’aise au milieu de la foule, ce qui le fit sourire.

«Trop cool! Un vrai super-héros!

James baissa la tête et vit un jeune garçon d'une dizaine d'années collé à la vitre.

-Pourquoi tu ne vas pas le voir de plus près? demanda James.
-J’ose pas.
-Il n’a pas l’air bien méchant, ce super-héros.

James se baissa et ramassa un petit carnet et un crayon qui avaient dû être perdu par l‘un des voyageurs. Il les tendit au garçonnet.

-Et si tu allais lui demander un autographe?
-Vous croyez qu’il acceptera? demanda l’enfant en prenant les objets.
-J’en suis certain! répondit Jim avec un sourire.»

Il regarda l’enfant se diriger vers celui qui allait devenir Steelman. C’est alors que James comprit pourquoi le cristal l’avait amené là. Il avait voulu assister à sa naissance, mais il n’avait pas précisé laquelle… Là, il assistait à sa seconde naissance. Celle de Steelman.

«Eh ben, se dit-il, je pensais pas qu’il fallait être si précis!»

«Foutu super-héros! dit soudain une voix grave.

James se retourna. Un homme était assit au fond du tramway. James ne l’avait pas remarqué jusque là. Il portait un long imper beige. Sa tête baissée et son chapeau également beige empêchaient Jim de voir son visage.

-Pardon? demanda James.
-De quoi il se mêle, ce gugus multicolore? continua l’homme au chapeau.
-Il nous a sauvé la vie…
-Il a surtout foutu mon boulot en l’air!
-Comment ça? s’étonna Jim en s’approchant doucement de l’homme.
-C’est pourtant simple. C’est moi qui ai trafiqué le panneau de contrôle.
-Quoi?

Maintenant, James était tout près de l’homme. Il lui aurait suffit de tendre le bras pour toucher le mystérieux individu.

-Mmmhhh… Ça, c’est peu banal. Alors comme ça, vous êtes ce mystérieux super-héros…

Les paroles de cet homme donnèrent la chair de poule à James. Il était impossible que quelqu’un sache que Steelman et lui n’était qu’une seule et même personne.
Sans lever la tête, l’homme poursuivit.

-Fascinant, ces voyages dans le temps. Je ne savais pas que c’était possible… Attendez… Le cristal M'Krann? Magnifique!
-Qui…
-Qui je suis? Rien de plus qu’un fragment de votre imagination. Et je vais rendre votre voyage encore plus chaotique!»

A peine avait-il prononcé ses mots que l’individu, en une fraction de seconde, redressa la tête et se leva d‘un bond. A présent, James se perdait dans le regard hypnotique de l’homme, ne pouvant détourner ses yeux. Pourtant, il voulait regarder ailleurs, ou mieux, frapper l’homme. Mais il en était incapable. Mais au fait, il était incapable de faire quoi? James était debout. Au fond du tramway. Seul. Que faisait-il là? Il y avait quelques instants, il se regardait en train de signer un autographe, et maintenant il était planté là…

«Je sais que ces dernières heures ont été éprouvantes, mais quand même,» pensa-t-il.

Il regarda dehors. Steelman avait bien entendu disparu, encore peu à l’aise parmi la foule. Jim sourit en repensant à ses débuts de justicier, qui n’étaient pas si lointains que ça, finalement. Lorsqu’il avait décidé de porter ce costume, qui lui rappelait certains héros des comics qu’il lisait étant enfant, et ce contre l’avis de Mike, James ne savait pas encore tout e qui l’attendait : des voyageurs inter-dimensionnels, des ados aux super pouvoirs, un ennemi plus puissant que lui…
James regarda partout autour de lui. Il n’était plus dans le tramway, mais dans un quartier résidentiel. Là, il était complètement largué. Il sortit le morceau de cristal M'Krann de sa poche. D’après Martin McKenzie de la Young Justice, il fallait une grande concentration pour utiliser le cristal. Alors comment expliquer que ça faisait deux fois qu’il voyageait dans le temps sans rien demander à personne? La première fois, il s’était retrouvé devant un cimetière. Et maintenant, c’était au tour de ce quartier? Pourquoi le cristal l’avait-il amené là? A quoi avait-il pensé? A Kitty Xavier et ses amis. A la Young Justice. A…

«Hypérion ? Il me plaît bien ce nom! Où tu l’as déniché ?
-C’est comme ça que tu t’appelles dans le monde du Red Richards qui t’as amené dans cette dimension…»

James se dépêcha de se cacher derrière une maison pour mieux observer la scène. Devant lui, à quelques dizaines de mètres, Steelman s’apprêtait à combattre Hypérion…
*****
Caché derrière une maison, James était une fois de plus le témoin d‘une scène familière. Le cristal lui avait fait faire un nouveau bond dans le temps. Et il se souvenait parfaitement de ce moment. Et pour cause, il s’était déroulé quelques heures auparavant. Steelman avait affronté le Dynamite Duo, et Hypérion venait de faire son entrée.
Steelman et son ennemi venu d’une autre dimension, Hypérion, s’observaient. Cela faisait bien cinq minutes que les deux surhommes n’avaient pas dit un mot, se contentant de se regarder droit dans les yeux.
Quelques minutes auparavant, Steelman avait demandé à Hypérion d’aller se battre dans un lieu désert, afin d’éviter de faire des blessés parmi les résidents du quartier. Mais Hypérion avait refusé. Il se moquait bien qu’il y ait des victimes. «Au contraire !» avait-il répondu. Depuis, les deux hommes n’avaient plus dit une parole.
James commençait à perdre patience. Se voir, lui, le plus grand héros de la Terre, planté comme ça comme une statue, alors qu’il aurait dû attraper Hypérion par les pieds et le balancer dans l’espace…

«T’attend quoi pour l’attaquer, crétin!» lança soudain James, sans se montrer.

Steelman tenta de regarder d’où venait la voix, mais n’en eu pas le temps. En effet, Hypérion se jeta sur lui. Il attrapa Steelman par la gorge avec ses deux mains, et serra de toutes ses forces.

James n’en revenait pas de ce qu’il venait de faire. Il avait distrait son « lui passé», et ainsi permit à Hypérion de donner les premiers coups. Il avait perdu la tête, ou quoi? Il ne devait surtout pas intervenir. C’était beaucoup trop risqué. La seule chose qu’il devait faire, la seule chose qu’il devait changer, c’était la mort de son ami Mike.

Il prit le cristal M’Krann, le serra fort, ferma les yeux et pensa de toutes ses forces à Mike Halligan. Quand il les rouvrit, il se trouvait dans une ruelle déserte. Est-ce que cette fois, ça avait marché? Etait-il revenu le jour de l’ assassinat de son ami? Il devait trouver un journal, ou demander à un passant. Après avoir rangé le cristal dans sa poche, il quitta la ruelle, pour se rendre compte qu’il était dans son quartier. Mais ça n’était pas important. Il vit au pied de son immeuble une jeune fille aux cheveux longs et blonds. Elle était de dos et commençait à s’éloigner. Jim couru pour la rattraper afin de lui demander la date. Arrivé à sa hauteur, il l’attrapa sauvagement par le bras et la fit se retourner. James fut surprit de se retrouver nez à nez avec Cassie. Cette dernière était aussi étonné que lui.

«Comme je suis content de te voir, Cassie ! s’exclama James.
-Monsieur Baxton ? On vient de se quitter…
-On est quel jour ?
-Qu’est ce qu’il vous prend ?
-Quel jour sommes-nous ?
-Le 5 janvier…
-Merde !» dit Jim en lâchant le bras de la jeune fille.

Puis il s’éloigna en courant, laissant là une Cassie déconcertée. Il retourna dans la ruelle où il était arrivé quelques minutes plus tôt.

«Putain de cristal! cria-t-il donnant un puissant coup de poing dans le mur, creusant un trou. Pourquoi tu ne m’envois pas auprès de Mike? J’en ai assez de ce petit jeu!

Il ressortit le cristal M’Krann de sa poche.

-Je veux aller sauver Mike! dit-il en fixant l’objet. Tu comprend, saloperie? Mike Halligan a été tué dans un entrepôt abandonné, et je veux empêcher ça! Ok? Je veux sauver Mike Halligan…»

Et en un fraction de seconde, James se trouva devant l‘entrepôt en question. Si le cristal ne lui avait pas joué un énième tour, Jim allait enfin connaître la vérité…

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