Chapitre 3 : Attaque à la BeneTech

Couverture : Artseb
Histoire : SteF
Date de parution : Mars 2006


"Le nouveau protecteur de New York!" "Steelman évite un hold-up !" "Steelman arrête un tramway lançé à pleine vitesse!"
Mike Halligan jeta la pile de journaux sur la table basse du salon de James Baxton. Mike était assis sur un fauteuil, tandis que James était sur le canapé, de l'autre côté de la table.

"T'es malade! s'énerva Mike.
-Pourquoi? répondit James. Je sauve des vies!
-Et tu risques la tienne...
-Je suis invulnérable! l'interrompit James.
-Oui, mais connais-tu tes limites?
-Je sais au moins que je résiste aux balles! Je sais aussi voler, et j'ai une super force!
-Mais si un jour tu venais à te battre contre, je ne sais pas moi, un mutant par exemple. Résisterais-tu à des attaques mentales? Si on faisait s'abattre la foudre sur toi et ton joli costume, que t'arriverait-il? Tu ne sais rien de ces nouveaux pouvoirs! Ni d'où ils viennent!

James baissa les yeux vers le sol. Il semblait enfin comprendre son ami.

-Promets-moi que tu vas arrêter de jouer les super-héros!
-Je sais que tu dis ça dans mon intérêt, répondit James en relevant la tête. J'ai vraiment de la chance d'avoir un ami qui s'occupe aussi bien de moi...
-Tu retrouves donc la raison! dit Mike.
-Mais... Je sens que c'est ma destinée! Si tu avais vu le regard de ce garçon quand je lui ai signé un autographe hier, après le problème du tramway...
-Tu n'es qu'un fou! s'écria Mike en se dirigeant vers la porte d'entrée. Appelle-moi quand tu seras descendu de ton nuage", ajouta-t-il en claquant la porte.

James resta seul dans son appartement. Il était toujours assis sur le canapé. Il réfléchissait aux paroles de son ami. Il savait que Mike n'avait pas totalement faux. Mais c'était à lui de décider, pas à Mike. Depuis qu'ils se connaissaient, James, lui et trois autres copains, il avait toujours été le plus reservé de la bande. Il ne donnait jamais son avis, sauf si on le lui demandait. Il était loin d'être un meneur. Mais aujourd'hui, grâce à ces pouvoirs, cela allait changé. Rien ni personne ne l'obligerait plus à faire ce qu'il ne voulait pas. Il se sentait invincible. Mais comme disait Mike, à quel point l'était-il? Grâce à son intervention lors d'un hold-up, il savait que les balles ne causeraient jamais sa mort. Mais ça n'était pas le cas de son costume. D'ailleur, il faudrait qu'il en fasse plusieurs pour parer à ce genre de situation. Mais pour l'heure, le plus important était de tester ses pouvoirs (et par la même occasion, voir s'il n'en avait pas d'autres qu'il n'avait pas encore découvert). James se leva, prit son trousseau de clés et sortit de son appartement. Il fallait qu'il voit à quel point il était invulnérable.
*****
Pendant ce temps, le professeur Jack Browning marchait dans les couloirs de la BeneTech. La quarantaine, brun avec des lunettes, un petit bouc autour de la bouche, il portait des chaussures de ville noires, un jean bleu et une longue blouse blanche. Il arriva devant une porte protégée par un digicode. Il composa un code, et la porte se déverouilla. Il pénétra dans une sorte de grand laboratoire où était entreposé des éprouvettes contenant des liquides de différentes couleurs. Certaines de ces éprouvettes étaient reliées entre elles par des tubes qui fesaient circuler les liquides. Jack alla s'installer derrière un microscope. Il retira ses lunettes, se pencha vers l'instrument et analysa l'échantillon de sang posé sur la plaquette. Le professeur était stupéfait. Son expérience sur les nano-machines allait au-delà de ses espérances. En quelques heures, les tissus endomagés avaient été réparé par les microscopiques robots en forme d'araignées. Rien que dans cette goutte de sang se trouvaient des centaines de petites machines. Browning regarda en direction des figures que formaient les tubes et les fioles. Des milliards de nano-robots se baladaient dans ces tubes. Bientôt, il pourrait fournir au Gouvernement des super soldats dopés aux nano-robots. Bientôt, il pourrait soigner des tas de maladies. Bientôt il pourrait... Soudain, des cris, suivis de coups de feux. Browning se précipita derrière la porte et y colla son oreil. Des gens courraient dans le couloir en poussant des cris. Puis ce fut le calme. Soudain, Jack entendit des voix d'hommes derrière la porte.

"T'es sûr que c'est celle-la?
-Certain! Vas-y! Mets les charges!
-Ca va faire du bruit!
-C'est ce qu'il faut faire si on veut que le Comité pour la Libération de la Technologie soit prit au sérieux!"

Le Comité pour la Libération de la Technologie? Ces malades étaient un groupe d'informaticiens nazis, adeptes d'un nouveau Reich reposant sur l'informatique. Ils voulaient conquérir le monde en enfermant les gens dans des caissons de réalité virtuelle. Il y a environ un an, ils avaient essayé de faire exploser le bâtiment des Nations Unies et prit un bus scolaire en otage. Depuis un petit moment, ils ne paraissaient plus être très actifs, mais il semblait qu'ils étaient de retour.

"Au fait, pourquoi l'un d'eux avait parlé de charges?" Comme pour répondre à cette question, dans un vacarme à réveiller les morts, la porte vola en éclat, projetant violement le scientifique dans ses expériences. Les fioles se brisèrent, répandant sur le sol les liquides infestés de nano-robots. Jack releva péniblement la tête. Tout était flou autour de lui. Ses lunettes étaient brisées sur le sol. Ses yeux le piquaient. Il avait du mal à les tenirs ouverts. Il distingua quatre formes humaines, puis perçut quelques mots.

"Merde... mec dans le labo...
-...s'en fout... Prenez... ce... vous pouvez..."

Puis une cinquième silhouette, plus colorée que les autres, s'encadra dans la porte.

"Plus... geste...
-... chier... C'est Steelm..." répondit l'un des hommes.

C'est alors que le professeur Browning sombra dans l'inconscience.
*****
"Professeur? Professeur Browning? Vous m'entendez?"

Le professeur se réveilla en sursaut. Il était allongé dans un lit à l'armature blanche, comme les draps et l'oreiller. La pièce où il se trouvait était, à l'instar du lit, d'une incroyable blancheur. Hormis le lit, il n'y avait rien dans la salle. Soudain, un homme portant une robe marron de moine, la capuche en arrière, apparut aux pieds du lit.

"Soyez le bienvenu en ce lieu, professeur Browning, dit-il d'une voix douce.
-Où suis-je?
-Calmez-vous, professeur! Votre corps est dans une ambulance en route pour l'hôpital. En revanche, votre esprit est ici, avec nous, où le temps n'a pas court.
-Ooookay! J'ai l'air assez bête pour croire ça? Vous voulez faire avaler à un homme de science que son esprit discute avec un moine, pendant que son corps est dans une ambulance?

Browning voulu sortir du lit, mais se rendit vite compte que...

-Je suis nu? Où sont mes vêtements? Si ça passe à la télé, vous aurez de gros problèmes!
-Vous voulez des preuves? Le 22 novembre 1963, jours de votre naissance : votre père fait l'amour dans un placard d'une chambre de l'hôpital avec la soeur de sa femme. Le 14 mars 1986 : vous trichez lors d'un examen. Le 17 mai 1995 : vous crevez les pneus de la moto du petit-ami de votre fille pour l'empêcher d'aller à une rave-party. Deux jours plus tard, vous battez presque à mort ce même petit ami car il a quand même envoyé votre fille à cette fête. Le 3 décembre 2003 : vous hésitez de proposer à votre femme une partie à trois avec sa soeur. Le 13 août 2004 : vous quittez votre femme pour sa soeur.
-Mais... Qui... Qui êtes-vous?
-Celà importe peu. Du moins, pour l'instant. La véritable question est "Qu'allez-vous faire?"
-Comment ça? demanda Browning abasourdit par tout ce qu'il venait d'entendre.
-Qu'allez-vous faire de cet incroyable potentiel?
-Je ne comprend pas...
-Votre expérience est un succès. Vous avez maintenant la certitude que l'organisme humain accèpte vos nano-robots.
-Mais je n'ai fait des tests que sur d'infimes composants de l'organisme. Je n'ai pas encore porté l'expérience sur un être vivant.
-C'est maintenant chose faite.
-Non! Je n'ai pas eu l'autorisation de... A moins que... Vous voulez dire...
-Votre corps est infesté de millions de nano-machines, vous plaçant à un rang supérieur de l'évolution humaine. Grâce à la science, vous avez acquis des pouvoirs extraordinaires. Vous n'êtes plus un Homme, mais un dieu parmi les Hommes. Je vous repose donc la question. Qu'allez-vous faire? Continuer à vivre comme un insecte, ou vous élever au sommet de la chaîne alimentaire?
-Je... Je pourrais faire de grandes choses. Je pourrais aider les gens...
-Et le meilleur moyen d'aider les gens, c'est d'éliminer tout les super-humains qui existent!
-Les éliminer?
-Pensez-vous que les humains normaux sont libres de leurs choix, de leurs actes? Un homme ne peut plus vendre sa drogue pour nourrir sa famille sans qu'un Spider-man, un Daredevil ou un autre super-héros ne lui tombe dessus.
-Mais vendre de la drogue, c'est mal!
-C'est un problème d'humain, pas de super-humains. D'ailleurs, ils ne devraient même pas exister! Allez-vous laisser votre peuple se faire manipuler?
-Mais si ce que vous dites est vrai, je suis moi-même un super-humain...
-Non. Vous, vous êtes une perfection. Un homme maître de son destin qui ne veut pas voir les siens terrorisés par des êtres qui leur sont supérieurs. Vous êtes leur seule chance de salut. Qu'allez-vous faire?"

Le professur Browning se réveilla dans une amulance. Il était sous oxigène. Deux infirmiers étaient avec lui.

"Regarde, dit l'un d'eux à son collègue. Il se réveille.
-Attend. On dirait qu'il veut dire quelque chose."

L'infirmier pencha son oreille au dessus du masque à oxygène.

"Je suis... murmura Browning.
-Parlez plus distinctement, monsieur.
-Je suis un dieu!"

En un éclair, Browning attrapa l'infirmier à la gorge. Il serra tellement fort qu'il lui broya la trachée. Puis il se précipita sur le deuxième infirmier. Il lui cogna violemment plusieurs fois la tête contre le sol, jusqu'a ce qu'il perde connaissance, la tête baignant dans son sang. Browning sentit l'ambulance ralentir. Le chauffeur avait sans doute sentit le véhicule bouger. Browning ouvrit la portière, et se retrouva dans la rue. Les passants le regardaient médusés.

"Vous n'êtes que des insectes!" hurla-t-il.
-C'est un secret pour personne," lui répondit une voix amusée.

Browning regarda sur sa droite. A quelques mètres, un homme était littéralement collé sur le mur de l'hôtel Chandler. Il portait une sorte de costume noir avec un étrange dessin dessus, et se tenait comme une araignée.

"Quelle joie de te rencontrer, Spider-man! dit le professeur à l'attention du héros.
-Tout le déplaisir est pour moi! Je peux te poser une question?
-Vas-y!
-C'est bon, je viens de le faire!"

Entrant subitement dans une rage folle, Browning fit un spectaculaire bond en direction du tisseur. Mais le jeune héros était rapide, et il n'eut aucun mal à l'éviter. Il fit également un bond, passant juste au dessus de son agresseur. Il retomba sur ses jambes à l'endroit où se tenait Browning quelques secondes plus tôt, tandis que ce dernier se retrouva près du mur où était Spider-man.

"Ma vanne était si pourrie? Bah! En tout cas, on peut dire que j'ai fait un sacré bond en avant aujourd'hui, mais toi tu te retrouve au pied du mur! Que vas-tu faire, maintenant?"

"Qu'allez-vous faire?" Cette question retentit dans le tête de Jack Browning. De toute évidence, il n'était pas près à affronter un super-humain. Il devait s'entraîner.

"Ton heure n'est pas encore venu, Tisseur! Mais la prochaine fois que tu croiseras mon chemin, tu mourras!"

Sur ces mots, Jack s'enfuit à une vitesse fulgurante, laissant là un Spider-man médusé.

"Mes baskets ne vont pas aussi vite!"

Aucun commentaire:

Publier un commentaire